L’éditorialiste en vase clos
Par Jean-François Kahn.
La défiance des gens envers les médias doit conduire à repenser l’organisation et les méthodes de la presse : les éditorialistes à vie ne sont plus crédibles.
Le Président a changé. Tout prouve le contraire, mais pratiquement tous les commentateurs du médialand l’ont seriné d’une seule voix. Déconnexion… Libération a pratiquement été le seul média à
ne pas expliquer, au lendemain du premier tour des élections municipales, que Sarkozy avait échappé au vote sanction annoncé et à noter que le Modem, malgré ses surréalistes cahotements, avait
obtenu en moyenne 15,7 % des suffrages, là où il se présentait, et non 3,5 % comme diffusé en boucle sur toutes les ondes. Or ces deux contre-informations étaient justement celles que
l’Elysée avait demandées, par SMS, de mettre en relief.
On notera, d’ailleurs, que d’autres enseignements particulièrement importants de ce scrutin municipal - les scores, parfois spectaculaires, de l’extrême gauche là où elle a présenté des listes
ouvertes, l’échec impressionnant, dans les grandes villes, des maires centristes ralliés à la droite sarkozyenne (Strasbourg, Amiens, Toulouse, Rouen, Caen, Saint-Etienne, etc.), les bons et
parfois très bons résultats obtenus par les maires de droite non identifiables au pouvoir en place (Dupont-Aignan, 80 % dans une ex-ville communiste ou Jean-Christophe Lagarde, signataires
de l’Appel à la vigilance républicaine, 70% à Drancy), et, surtout, le contraste entre l’ampleur du basculement des classes moyennes dans l’opposition et la réserve de l’électorat populaire qui
a généralement préféré l’abstention à la gauche socialiste -, que ces utiles indicateurs-là, donc, ont été totalement occultés par la plupart des commentateurs.
Tant de signes parmi beaucoup d’autres. Mais on pourrait, aussi bien,...
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