01/05/2008 . Par Christian Saint-Étienne, Professeur des universités, président de l’Institut France Stratégie, auteur de La France est-elle en faillite ?
(Bourin Editeur, 2008).
Dans un document à paraître le 7 mai, Joaquin Almunia, commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, suggère d’améliorer à la marge la surveillance au sein de l’Union
monétaire, mais rejette toute notion de gouvernement économique car on ne peut et on ne doit pas modifier le traité de Maastricht. De quoi s’agit-il ?
Les pays membres de la zone euro, dont la France, ont transféré des leviers essentiels de notre politique à l’Union européenne (politique monétaire et politique de change, encadrement de la
politique budgétaire par le pacte de stabilité et de croissance, politique de la concurrence) alors même que le traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 n’instaure toujours pas un nécessaire
gouvernement économique de l’Europe. En l’absence d’un tel gouvernement, l’euro est ainsi devenu la variable d’ajustement des marchés des changes internationaux. Comment mettre fin à ces
errements ?
Il ne s’agit ici ni de remettre en cause le besoin de stabilité des prix à moyen terme, ni la nécessité d’éviter les déficits budgétaires excessifs, ni le besoin d’une concurrence saine pour
stimuler les forces productives. Il s’agit, au contraire, de prendre en compte les besoins du long terme, c’est-à-dire le nécessaire renforcement du potentiel de croissance de l’Europe, et le
renforcement de l’utilisation des capacités de production existantes.
En ce qui concerne le pacte de stabilité et de croissance (PSC), il n’est pas souhaitable de remettre en cause la limite de 3 % du PIB imposée au déficit des administrations publiques. Il faut
compléter le PSC actuel par un mécanisme de coordination des politiques budgétaires qui permette de conduire des politiques « contracycliques » collectives, dans le cadre du pacte[…]
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